Naturalisation des réfugiés syriens : la mise au point de l’Onu

Le dernier rapport du secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, intitulé « Sûreté et dignité : gérer les déplacements massifs de réfugiés et de migrants », publié le 21 avril dernier, continue de susciter des réactions, surtout pour ce qui a trait à une éventuelle implantation des réfugiés syriens au Liban à travers leur naturalisation. Alors que mardi dernier, soit quelques jours avant le Sommet humanitaire d’Istanbul des 23 et 24 mai, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, avait lancé une mise en garde à l’adresse de la communauté internationale contre toute velléité de promouvoir une implantation au Liban des réfugiés syriens, l’Onu s’est fendue d’une mise au point.

« Publié en application de la décision de 70/539 de l’Assemblée générale de l’Onu, ce rapport contient un exposé général de la situation des populations déplacées et des recommandations en vue de la réunion plénière de haut niveau sur la gestion des déplacements massifs de réfugiés et de migrants qui se tiendra le 19 septembre prochain, à New York », a rappelé hier le porte-parole de l’Onu, Stéphane Dujarric.
« L’objectif du rapport et la portée de ses recommandations sont globales. Le texte ne fait aucune mention d’un pays spécifique. Il vise principalement à promouvoir une action plus collective et le partage d’une meilleure responsabilité par les États membres pour traiter de grands mouvements de réfugiés et de migrants », a-t-il expliqué.
« Le rapport souligne les défis auxquels sont confrontés les pays qui accueillent des réfugiés pendant de longues périodes et demande des mesures pour mieux soutenir les communautés d’accueil, pour promouvoir l’inclusion sociale et lutter contre la discrimination », a ajouté le porte-parole de l’Onu. « Il ne préconise en aucun cas la naturalisation ou l’octroi de la citoyenneté aux réfugiés », a-t-il insisté. Reprenant des passages du document, Stéphane Dujarric a cité notamment le paragraphe 86 : « Lorsque les conditions ne sont pas propices à un retour, les réfugiés doivent se voir accorder un statut dans leur pays d’accueil afin de pouvoir y reconstruire leur vie et préparer leur avenir. Ces pays devraient examiner où, quand et comment offrir aux réfugiés la possibilité d’être naturalisés. » Ceci est conforme à l’article 34 de la convention de 1951, a encore affirmé M. Dujarric. « Le secrétaire général est conscient du fait que l’octroi de la citoyenneté à des ressortissants non nationaux, dans tous les États, est soumis à des politiques et des lois nationales », a-t-il relevé.