Vers la mise en place d’un lobby libanais économique et social en Amérique du Nord

LE CONSUL DU LIBAN À NY EXPOSE SON ACTION À « L’OLJ »

Ouverture demain à New York de la première conférence régionale en Amérique du Nord et au Canada sur le Liban.

Le consul général du Liban à New York Majdi Ramadan et son équipe continuent de peaufiner les préparatifs de la Conference Diaspora Energy (LDE), première conférence régionale du genre en Amérique du Nord et au Canada, qui se tiendra à New York les 16 et 17 septembre. « Cette initiative est apolitique. Nous essayons de bâtir un lobby économique et social en Amérique du Nord et au Canada pour le Liban. Ce lobby devra s’étendre partout dans le monde », indique le consul général, lors d’une interview accordée à L’Orient-Le Jour à New York.

Parrainée par le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, qui arrivera le 15 septembre à New York, et par plusieurs organisations de la haute finance internationale, notamment la Lebanese International Finance Executives (Life), l’American Task Force for Lebanon (ATFL), le réseau des professionnels libano-américains (Lebnet) et Abana, cette conférence a été organisée en trois mois. Elle promet d’être d’une grande importance. Elle se déroulera en présence du représentant du département d’État américain d’origine libanaise, dont le nom n’a pas encore été révélé, de E. Spencer Abraham (républicain), ancien secrétaire américain à l’Énergie, de Lena Diab, ministre canadienne de l’Assemblée législative de Nova Scottia (2013), de Ziad Aboultaif, membre du Parlement canadien, ainsi que de 250 personnalités américano-libanaises du monde de la banque, de la finance, des affaires, de la politique, de l’énergie, de l’académie, de la technologie, de la médecine, du journalisme, de l’architecture, de l’œnologie et de l’art culinaire.

Deux institutions à l’honneur
Deux importantes institutions et une personnalité du Canada seront honorées lors d’une soirée de gala prévue le 16 septembre. « Une levée de fonds a permis de couvrir entièrement les frais de l’événement », souligne Majdi Ramadan. Ajoutant que « la logistique et le programme de variétés libanaises, avec la troupe folklorique de Fady Khoury et le ténor libanais Amine Hachem, ont été mis en place avec la participation de John Abi Habib et de Bachir Sarkis, conseiller venu spécialement de Beyrouth pour l’occasion ». Une surprise peut-être ? Mika n’a pas encore confirmé sa présence, laisse-t-il entendre. « Pour la session finale du 17 septembre, la ministre canadienne Lena Diab se joindra au doyen de la school of architecture du MIT, Hachem Sarkis, et à d’autres personnalités pour poursuivre les discussions », poursuit-il.

Impliquer la diaspora
« La conférence rassemble d’excellents panélistes et experts qui participeront à tous les débats. L’objectif est de parvenir à des recommandations autour d’une variété de questions pertinentes pour le Liban, allant des start-up au renforcement de l’écosystème, à la diversification des ressources économiques, au leadership en éducation, aux possibilités d’investissement, à la diversification des ressources énergétiques au Liban et au programme de recouvrement de la nationalité libanaise, note le consul. Il s’agit de discuter ensemble pour avaliser ces recommandations que nous soumettrons au ministre des Affaires étrangères, qui les soumettra au chef du gouvernement. Nous espérons aussi faire le suivi de leur application. »
« La note de concept, telle qu’elle est décrite, est bien claire », assure Majdi Ramadan, qui affirme l’avoir conçue avec la participation de Lina Beydoun, directrice de la LAU à New York. « L’idée est de bâtir sur les réalisations des conférences antérieures de la LDE qui se sont tenues à Beyrouth, pour les étendre ailleurs, souligne-t-il. La diaspora devra s’impliquer davantage dans la conception des politiques nationales sur des questions importantes pour le Liban qui seront soulevées lors des débats. »

« Trésor national »
Ces recommandations seront-elles vraiment appliquées au Liban ? « Je ne peux pas en être tout à fait certain, mais cela ne signifie pas que nous ne devrions pas essayer d’agir, relève Majdi Ramadan. La diaspora libanaise est devenue une force économique avec une importante source de revenus pour le pays, estimés à 7,7 milliards de dollars en 2014, soit environ 17 pour cent du PIB du Liban. Je pense que son influence politique est énorme. Si elle décide de s’unir derrière les questions qui ne sont pas politiques, elle pourra influer sur les changements au Liban. Nous devons comprendre le genre de levier qu’elle a en son pouvoir. C’est un trésor national pour tout le Liban, au niveau de l’éducation, de l’énergie, de l’investissement et des ressources économiques. » Et de conclure : « Le pays a survécu aux défis et aux difficultés auxquels il a fait face. En ce sens, il est unique. Je ne pense pas qu’un autre pays aurait pu survivre avec ce grand nombre de réfugiés. La diaspora peut et doit exercer son pouvoir. »